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" D'ordinaire, les gens trouvent plus de plaisir dans un simple regard d'amour que dans mille cadeaux qui leur seraient offerts". Van

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Marcel Van

La Biographie
de Marcel Van

L’arrivée de l’Evangile au Vietnam débute vers la fin du XVI° siècle et se poursuit notamment par des missionnaires français. La vie de Van (1928-1959) se déroule pendant les années douloureuses qui ont opposé la France et le Vietnam. Dieu a choisi un jeune vietnamien, à ce moment précis de l’histoire, pour révéler au monde son désir de voir unis la France et le Vietnam, afin qu’ensemble ces deux nations contribuent à répandre le règne de son amour dans le monde.

La famille de Van

La famille de Van au complet, en 1946. De g à dr : La grande soeur Lê, la maman Mầu, la petit soeur Tế, Van, le petit frère Lục, le grand frère Liệt et le papa Triết.

Van et ste Thérèse
Van et son directeur spirituel, le père Boucher

Van (Frère Marcel) et le père Boucher, lors de sa première profession de vœux temporaires, Hanoi le 8 septembre 1946

dernière photo de Marcel Van, le 19 mai 1955

Van est né le 15 mars 1928 à Ngăm Giáo, non loin d’Hanoi, au sein d’une famille catholique. Après six années de bonheur familial, il décide de laisser les siens afin de se préparer au sacerdoce. Il a sept ans lorsque sa mère le confie à l’abbé Nhã curé de Hữu-Bằng. Dans cette cure, il subit de mauvais traitements physiques et moraux.  Sans se décourager, il garde intact son désir vocationnel. Durant ces années très dures, il se confie sans cesse à la Sainte Vierge, son seul réconfort. À deux reprises il fuit la cure, et mène la vie d’un enfant des rues durant plusieurs semaines.

 

La nuit de Noël 1940, Van découvre la joie de souffrir par amour pour Jésus, il comprend que sa mission consiste à changer la souffrance en bonheur. En 1942, Van est admis avec ses deux meilleurs amis au petit séminaire Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à Langson. La guerre l’oblige à continuer ses études à Quảng-Uyên. Là il découvre Histoire d’une âme et, envahi par une grande joie, il comprend qu’en suivant la petite voie de sainte Thérèse, il peut lui aussi aspirer à la sainteté. Il choisit Thérèse pour être sa grande sœur. Peu de temps après, dans la montagne, il a la surprise d’entendre sa voix ; celle-ci le choisit pour être son petit frère. Plus tard, elle lui révèle que, selon la volonté de Dieu, il ne sera pas prêtre, c’est un grand sacrifice pour lui.

En octobre 1944, il est admis chez les Rédemptoristes de Hanoi comme frère. Il est affecté à la cuisine et s’occupe de l’atelier de confection de vêtements. Jésus et la Vierge Marie s’entretiennent aussi avec lui dans des dialogues joyeux, familiers ou d’une grande profondeur. Le père Antonio Boucher, son directeur spirituel, l’invite à écrire sa vie et les dialogues avec ses interlocuteurs célestes [1].

En juillet 1954, le Vietnam est scindé en deux parties, le Nord est sous le régime communiste.  Van résidait alors dans les Sud ; il demande à être envoyé dans le Nord « pour qu’il y ait au moins une âme pour aimer le bon Dieu ». Arrêté quelques mois plus tard, il témoigne de son amour de la vérité au cours d’interrogatoires éprouvants. Il est emprisonné quatre ans dans des camps de rééducation ; il soutient les autres prisonniers et partage avec eux ses vêtements, sa nourriture et ses médicaments. Il meurt d’épuisement et de maladie le 10 juillet 1959. Ses compagnons de captivité témoignent de son courage, de sa foi fervente, de sa joie et de sa charité.

L'ouverture de sa Cause de Béatification a eu lieu en mars 1997.

 

[1] La vie de Van écrite par lui-même se trouve dans le livre Autobiographie, Œuvres complètes-1, Marcel Van. Les entretiens sont tous regroupés dans le livre : Colloques, Œuvres complètes-2. Marcel Van.   

Van, mai 1955 à Hanoi. Dernière photo avant son arrestation

Repères Chronologiques

15 mars 1928

1932

1932-1934

1934

Mai 1935

1938

10 mai 1940

été 1940

Automne 1940

Noël 1940

Janvier-mai 1941

Juin 1941

Octobre 1941

Janvier 1942

Été 1942

Octobre 1942

Juin 1943

2 août 1944

17 octobre 1944

8 septembre 1945

8 septembre 1946

1952

8 septembre 1952

14 septembre 1954

7 mai 1955

Mai 1956

10 juillet 1959

Naissance à Ngắm Giáo (province de Bắc Ninh).

Naissance d’Anne-Marie Tế.

Séjour chez la tante Khánh à 8 km de Ngắm Giáo.

Première communion.

Départ pour Hữu-Bằng. Van est confié à l’abbé Nhã.

La famille de Van est réduite à la misère, il devient le boy du curé.
Première tentative de fuite de la cure de Hữu-Bằng.

Obtention du certificat d’études.

Envoyé à Thái Nguyên puis fuite chez ses parents.               
Sa mère le ramène à Hữu-Bằng.

Troisième fuite. Vagabondage à Bắc Ninh.Séjour chez la tante Khánh.

Illumination intérieure : transformer la souffrance en bonheur.

Séjour chez la tante Khánh.

Retour en famille jusqu’à ce que le curé de Hữu-Bằng vienne
et le
ramène à la cure.

Vœu de virginité. Fondation des Anges de la Résistance.

Arrivée au petit séminaire de Langson.

Fermeture du petit séminaire. Van est admis à la cure Sainte-Thérèse  de l’Enfant-Jésus à Quảng Uyên.

Première rencontre avec sainte Thérèse.

Chassé de Quảng Uyên, Van se rend chez ses parents puis à Hữu-Bằng.

Admis comme aide-jardinier chez les Rédemptoristes à Hanoi.

Admis en communauté.

Prise d’habit et début du noviciat.

Vœux temporaires.

Second noviciat à Dalat.

Vœux perpétuels.

Retour au monastère à Hanoi par le dernier avion reliant le Sud au Nord.

Arrestation à Hanoi.

Jugé et condamné à 15 ans de camp de rééducation.

À midi : décès de Van.

Le Père Antonio Boucher, C.Ss.R.

Van (Frère Marcel) et le père Boucher, lors de sa première profession de voeux temporaires, Hanoi le 8 septembre 1946

Ce père canadien envoyé en mission au Vietnam pendant une trentaine d’années a su déceler ce trésor qui serait resté caché sans son exceptionnel discernement d’accompagnant.

À la demande du père Boucher, Van a écrit son Autobiographie (tome 1 des écrits authentiques de Marcel Van), les conversations qu’il a eues avec Jésus, Marie et sainte Thérèse (Les Colloques, tome 2 des écrits authentiques de Marcel Van), et lui a confié l’intégralité des lettres qu’il échangeait avec sa famille, ses amis, ses frères... (lettres toutes rassemblées dans les Correspondances, tome 3 des écrits authentiques de Van), ainsi que toutes les réflexions, comptes-rendus de retraite et poèmes dont il est l’auteur (Autres Écrits, tome 4 des écrits authentiques de Van).

De retour au Canada, le Père Boucher a passé les vingt dernières années de sa vie à traduire les écrits de Marcel Van nous donnant ainsi accès à cet héritage spirituel si précieux.

Quelques semaines avant sa mort, il confiait: «Je pressentais que ce tout petit frère... aurait un rôle à jouer dans l’Église et dans le monde...» Et ajoutait:« Je reconnais humblement que le frère Marcel m’a appris sur la vie spirituelle beaucoup plus que j’ai pu lui en apprendre moi-même...».

Grâce à ce travail de traduction colossal du vietnamien au français, les Amis de Van partagent l’ensemble des écrits authentiques de Marcel Van. Cela n’a cependant pas été aisé de tous les rassembler! Un travail minutieux de recherche et d’archivage a été réalisé entre la France, le Canada et le Vietnam où tous ces documents étaient dispersés. L’histoire des Colloques en est la preuve, merveilleux signe que ces écrits devaient être retrouvés et partagés.

Témoignage du Père Boucher

Le 15 août 1945, j’accueillais, au noviciat des Rédemptoristes à Hanoi, quelques jeunes hommes qui, au terme d’une période de postulat, voulaient devenir frères religieux dans notre communauté. L’un d’eux se fit rapidement remarquer. Il n’avait que dix-sept ans et en paraissait quatorze tant il était menu. Son nom civil était Joachim Nguyễn Tân Văn, devenu en religion frère Marcel. Il appartenait à une famille de condition modeste d’un village de la province de Bắc Ninh, sur le fleuve Rouge. Il avait quitté sa famille à l’âge de sept ans pour faire des stages dans différentes cures, puis au petit séminaire de Langson, dirigé par les Dominicains français. Le garçon avait en tête de se faire religieux chez les Rédemptoristes à Hanoi, ce qui arriva en effet. Le noviciat terminé, il vécut neuf ans dans des maisons de notre communauté, de 1946 à 1955. Volontaire pour faire partie du peloton de braves qui demeura à Hanoi après la séparation du Vietnam en deux tronçons (1954), il fut arrêté par la police communiste le 7 mai 1955 et gardé en détention dans de dures conditions jusqu’à sa mort survenue le 10 juillet 1959. Il avait trente et un ans. Or, le frère Marcel nous a laissé un mémorial de son existence courte et toute donnée au Seigneur. C’est l’écrit que nous présentons, une sorte d’autobiographie spirituelle qui révèle une façon de voir et d’agir qui nous semble se rapprocher d’un François d’Assise ou mieux peut-être de celle de Thérèse de Lisieux qu’il appelait sa sœur aînée. Comment est né ce récit ? Dès ma première rencontre avec le garçon, j’ai été frappé par le récit qu’il me faisait des circonstances de son enfance et de son adolescence, non pas tant à cause du pittoresque des événements que de l’existence d’une vie intérieure assez peu coutumière. Aussi lui demandai-je de me mettre cela par écrit. Il s’appliqua à ce travail par obéissance surtout durant les douze mois de son noviciat, pour continuer ensuite au cours des cinq années qui suivirent (1946-1951). À la fin, je me suis retrouvé avec un texte vietnamien très dense qui couvrait près de neuf cents pages de cahiers. Je me suis donné du mal, je l’avoue, pour la version française de ce texte où je tenais avant tout à la plus grande fidélité. Je l’ai fait revoir par des confrères, par la sœur du frère Marcel aujourd’hui moniale rédemptoristine, et par des amis. Nombreux sont ceux qui ont exprimé le désir qu’on fasse largement connaître le témoignage de ce jeune religieux en qui le travail de la grâce a fait des merveilles. Père Antonio BOUCHER, C.Ss.R

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