La Biographie
de Marcel Van
L’arrivée de l’Evangile au Vietnam débute vers la fin du XVI° siècle et se poursuit notamment par des missionnaires français. La vie de Van (1928-1959) se déroule pendant les années douloureuses qui ont opposé la France et le Vietnam. Dieu a choisi un jeune vietnamien, à ce moment précis de l’histoire, pour révéler au monde son désir de voir unis la France et le Vietnam, afin qu’ensemble ces deux nations contribuent à répandre le règne de son amour dans le monde.
Van est né le 15 mars 1928 à Ngăm Giáo, non loin d’Hanoi, au sein d’une famille catholique. Après six années de bonheur familial, il décide de laisser les siens afin de se préparer au sacerdoce. Il a sept ans lorsque sa mère le confie à l’abbé Nhã curé de Hữu-Bằng. Dans cette cure, il subit de mauvais traitements physiques et moraux. Sans se décourager, il garde intact son désir vocationnel. Durant ces années très dures, il se confie sans cesse à la Sainte Vierge, son seul réconfort. À deux reprises il fuit la cure, et mène la vie d’un enfant des rues durant plusieurs semaines.
La nuit de Noël 1940, Van découvre la joie de souffrir par amour pour Jésus, il comprend que sa mission consiste à changer la souffrance en bonheur. En 1942, Van est admis avec ses deux meilleurs amis au petit séminaire Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à Langson. La guerre l’oblige à continuer ses études à Quảng-Uyên. Là il découvre Histoire d’une âme et, envahi par une grande joie, il comprend qu’en suivant la petite voie de sainte Thérèse, il peut lui aussi aspirer à la sainteté. Il choisit Thérèse pour être sa grande sœur. Peu de temps après, dans la montagne, il a la surprise d’entendre sa voix ; celle-ci le choisit pour être son petit frère. Plus tard, elle lui révèle que, selon la volonté de Dieu, il ne sera pas prêtre, c’est un grand sacrifice pour lui.
En octobre 1944, il est admis chez les Rédemptoristes de Hanoi comme frère. Il est affecté à la cuisine et s’occupe de l’atelier de confection de vêtements. Jésus et la Vierge Marie s’entretiennent aussi avec lui dans des dialogues joyeux, familiers ou d’une grande profondeur. Le père Antonio Boucher, son directeur spirituel, l’invite à écrire sa vie et les dialogues avec ses interlocuteurs célestes [1].
En juillet 1954, le Vietnam est scindé en deux parties, le Nord est sous le régime communiste. Van résidait alors dans les Sud ; il demande à être envoyé dans le Nord « pour qu’il y ait au moins une âme pour aimer le bon Dieu ». Arrêté quelques mois plus tard, il témoigne de son amour de la vérité au cours d’interrogatoires éprouvants. Il est emprisonné quatre ans dans des camps de rééducation ; il soutient les autres prisonniers et partage avec eux ses vêtements, sa nourriture et ses médicaments. Il meurt d’épuisement et de maladie le 10 juillet 1959. Ses compagnons de captivité témoignent de son courage, de sa foi fervente, de sa joie et de sa charité.
[1] La vie de Van écrite par lui-même se trouve dans le livre Autobiographie, Œuvres complètes-1, Marcel Van. Les entretiens sont tous regroupés dans le livre : Colloques, Œuvres complètes-2. Marcel Van.

